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CUIVRERIE DE CERDON
LA VISITE

Témoin d’une aventure industrielle de plus de 160 ans, la Cuivrerie de Cerdon renaît en 2022 pour vous offrir une incroyable immersion dans les secrets des ateliers et vous faire découvrir des démonstrations de savoir-faire uniques.

 

BIENVENUE A LA CUIVRERIE DE CERDON !
La Cuivrerie de Cerdon est une usine de fabrication d’objets en cuivre racontant 150 ans de destinée industrielle de la famille Main et de son entreprise « Main & Fils ». Construite autour d’un ancien moulin à blé, elle s’est étendue depuis 1867 pour former le site que vous allez parcourir.

 

Chevauchant les eaux de la Suisse dont elle utilise la force motrice,
elle a développé des activités :


- de dinanderie (objets produits par martelage de feuilles de métal),
- d’orfèvrerie (objets produits pour la table, la décoration),
- de chaudronnerie (mise en forme et assemblage de tôle et de métaux).


Des générations d’ouvriers ont ainsi transformé le cuivre et ses alliages grâce à diverses techniques et machines, témoins de l’évolution des procédés industriels comme des grandes mutations des 19e et 20e siècles.

 

Parvenus jusqu’à nous dans un état exceptionnel, les ateliers remplis de leurs outils et machines nous plongent dans l’histoire de ce lieu.

UN VASTE ENSEMBLE A EXPLORER

Elément du patrimoine français à la croisée des chemins entre les patrimoines industriels, ethnologiques et immatériels, le site de la Cuivrerie valorise les techniques et savoir-faire. Partez à la découverte de l’ancienne usine et des secrets de ses ateliers : un parcours animé vous emmène sur les traces de la famille des fondateurs, sur celles des ouvriers, des premières usines cerdonnaises et de leurs machines.

LA REHABILITATION DE LA CUIVRERIE

Les ateliers forment un ensemble bâti composite, de qualité constructive variable, fruit de l’évolution d’un outil de travail aggloméré et développé progressivement autour d’un ancien moulin à papier.

 

Ils ont été restaurés, mis en sécurité et adaptés à l’accueil du public.

Certains bâtiments, comme le moulin, ont retrouvé leur aspect d’origine :
toiture, volume et façade ont été restitués.


Ce chantier, mené par « Croisée D’archi », a mobilisé 26 entreprises et artisans pendant près de 2 ans. Projet unique, il mêle restauration d’un patrimoine industriel inscrit monument historique, aménagements scénographiques et touristiques, construction d’un bâtiment d’accueil neuf.

 

Le parti pris a été de concilier les besoins liés à l’accueil du public avec la préservation de l’intérêt historique du lieu et le maintien des traces de son exploitation. Une intervention minimale permet de proposer une vision de l’usine fidèle à son aspect connu entre 1925 et 1965.

LA VALLEE DE CERDON

Cerdon est au cœur d’une reculée, vallée creusée dans un plateau calcaire par l’érosion des cours d’eau, les fractures multiples et les effondrements du sol.

 

Dans cette vallée à trois branches, coulent des ruisseaux se rejoignant
pour n’en former plus qu’un : le Veyron.


L’un d’eux, nommé la Suisse, fait tourner les roues de la Cuivrerie.

 

Il prend sa source dans la combe Cugnat. Plusieurs cours d’eau rejoignent la Suisse à Cerdon : le bief de Gorgeai, au sommet du hameau sous la Grange de Cepriat et le bief de Certines, près du moulin Bolliet.


La Suisse rejoint elle-même le Veyron, affluent de l’Ain, dans lequel se jette également le bief de la Culaz (ruisseau de la Balme) et la rivière la Morena après Pont-de-Préau.

VERS L'ACTIVITE INDUSTRIELLE

A mi-chemin entre Lyon et Genève, le village de Cerdon est une étape agréable pour les voyageurs du 19e siècle.

 

A la sortie du bourg, la « Tire de Cerdon », une route très raide, impose aux diligences de louer des chevaux de renfort. Cela génère une économie locale intense. Cependant, la révolution industrielle, avec la modernisation des axes de communication et des moyens de transport, provoque de grands changements.

 

L’arrivée du tramway à Cerdon en 1858 signe la fin du transport à cheval.

Le village doit se réinventer.


Cerdon tire alors parti de ses cours d’eau : ils offrent leur force hydraulique aux nouvelles usines. D’anciens moulins se transforment en papeteries et en cuivreries, dirigées par de véritables dynasties locales. Elles marquent l’activité du village pendant des décennies, lui offrant même un rayonnement inattendu.

UN VASTE ENSEMBLE A EXPLORER

Elément du patrimoine français à la croisée des chemins entre les patrimoines industriels, ethnologiques et immatériels, le site de la Cuivrerie valorise les techniques et savoir-faire. Partez à la découverte de l’ancienne usine et des secrets de ses ateliers : un parcours animé vous emmène sur les traces de la famille des fondateurs, sur celles des ouvriers, des premières usines cerdonnaises et de leurs machines.

DE CERDON AU JAPON

DES COOPERATIONS INTERNATIONALES

Au milieu du 19e siècle, la soierie est la première industrie exportatrice de l’économie française. A Cerdon, dans leur première cuivrerie, les associés Charles-Eugène Main et Louis Carrier se lancent dans la production de machines pour extraire le fil de soie. Ils conçoivent notamment une table métallique, équipée d’une banque en laiton et de bassines en cuivre, connaissant un très grand succès dans toutes les régions productrices de soie.

 

Remplaçant l’antique banque en ciment avec bassines en terre,
elle est installée dans le midi de la France, en Espagne, en Italie, en Grèce,
en Syrie, aux Indes et même jusqu’au Japon.


En 1871, l’ingénieur français Paul Brunat est mandaté par le gouvernement japonais pour superviser à Tomioka la construction de la première filature moderne d’Etat. Les mérites des appareils « Main & Fils » attirent son attention.

 

Il commande 300 tables à filer pour la fabrique de Tomioka.

Les dévidoirs de fil tournant à plein régime deviennent le symbole du développement industriel du Japon.


Le savoir-faire de « Main & Fils » est récompensé à l’Exposition internationale de Lyon en 1872 par la médaille de bronze, catégorie « Production de la Soie ».

DES PARTENARIATS INDUSTRIELS LOCAUX

Originaire du Cher, Charles-Eugène Main arrive à Nantua en 1822.

 

Ce chaudronnier compagnon du tour de France s’associe à Louis Marie Carrier en 1836 pour fonder une cuivrerie à Cerdon. L’entreprise prospère en fabriquant des objets usuels : marmites, casseroles et plateaux de balances. Dans le village voisin de Jujurieux, un an plus tôt, Claude-Joseph Bonnet établit une manufacture de préparation des soies. Rapidement et régulièrement, il sollicite la nouvelle cuivrerie cerdonnaise pour des travaux de chaudronnerie et la modernisation de ses équipements. Les deux sociétés collaborent à la mise au point des premières filatures sur banque métallique. Cette innovation est primée par la Société d’Emulation de l’Ain. Débute alors un partenariat commercial destiné à durer.


L’entreprise lyonnaise « J.Berthaud & Fils », autre partenaire régulier de « Main & Fils » et spécialisée dans l’équipement des soieries, diffuse elle aussi les productions de la Cuivrerie dans le monde entier.

TOMIOKA, UNE AVENTURE EXCEPTIONNELLE

En 1870, le nouveau gouvernement japonais de Meiji lance un plan national de développement de la sériciculture (industrie de la soie).

 

Ce projet vise à construire une filature pour une production massive de soie brute dite soie grège. 300 bassines à dévider et filer les cocons sont commandées à « Main & Fils ». Le contrat, négocié et signé le 6 décembre 1870, comporte la fourniture des tables à filer, et le détachement d’un technicien pour installer et faire fonctionner ces machines.

 

Jules Chatron, premier ouvrier des Main, part donc au Japon en 1872 pour deux ans. Il partage l’aventure avec 8 autres personnes sélectionnés par Paul Brunat : ingénieurs, ouvrières en soie et fileurs. Mission réussie ! La filature de Tomioka débute rapidement sa production. L’année suivante, elle remporte pour sa soie grège le deuxième prix à l'Exposition universelle de Vienne.

LA REPLIQUE DE LA TABLE DE FILATURE TOMIOKA

Cette table de filature, inventée et produite par Main & Fils, améliore la technique d’extraction du fil des cocons de vers à soie.

 

La hauteur de celle conçue pour le Japon a été adaptée pour convenir à la position assise des ouvrières. Constituée de bassines en cuivre sur platelage en laiton, elle permet de « tirer » ce fil sans effort et d’en optimiser la qualité.

 

Les cocons sont déposés dans les bassines en cuivre remplies d’eau bouillante pour ramollir le grès qui agglomère le fil. Ce fil est si fin qu’il faut dévider plusieurs cocons ensemble pour former un fil adapté au tissage. La dextérité de l’ouvrière et les pièces de cette machine guident deux nappes de fils vers les dévidoirs sur lesquelles ils s’enroulent en écheveaux.

 

Le modèle d’origine, conservé au Musée de la Soie d’Okaya (Japon), a servi à concevoir cette reproduction adaptée aux démonstrations.

LA CHEMINEE

Adossée à l’ancien moulin, une haute cheminée en brique a longtemps signalé l’emplacement de l’usine dans le paysage cerdonnais.

 

Cette construction symbolique et marquante de l’architecture de la Cuivrerie n’existe plus. Mais, en clin d’oeil à cet élément, une nouvelle cheminée a été installée sur la plateforme d’accueil.

LES MAIN, UNE FAMILLE D'ENTREPRENEURS

CINQ GENERATIONS AUX COMMANDES

Après avoir fondé avec leur père Charles-Eugène,
la société « Main & Fils » en 1852, les trois frères Joseph Fleury, Eugène « Jules » et Victor Main achètent en 1867 le moulin Brunod à Cerdon.

 

Cet ancien moulin à blé est le siège de la société pendant plus de 130 ans.

 

Les membres de la famille Main créent 5 cuivreries dans Cerdon en s’associant, et en se faisant parfois concurrence. Leurs entreprises emploient de nombreux cerdonnais et plusieurs générations d’ouvriers contribuent à la renommée des productions des cuivreries Main.

 

Des représentants commerciaux leur transmettent des commandes venues du monde entier. La production s’adapte pour répondre à une demande grandissante. Les usines se modernisent mais traversent aussi des crises. Lorsque la Première Guerre mondiale cause le décès des deux successeurs Main, seule la maison « Main & Fils » survit, grâce à sa reprise par les femmes de la famille. L’activité prospère de nouveau durant les décennies suivantes, avant que, mise en difficulté par la concurrence, l’usine ne soit cédée en 1973.

QUELQUES OBJETS INCONTOURNABLES

Le moteur électrique
Installé en 1910 ce premier moteur électrique prend le relais de la roue pour mouvoir les poulies du moulin en cas de manque d’eau.

La balance d’expédition
Cette balance automatique fabriquée à Lyon par l’entreprise Trayvou, est le modèle « 101 N ». Les pièces à peser sont déposées sur le plateau.

La trappe de graissage

Ce clapet donne accès au système de graissage de l’axe de la roue à augets située derrière le mur. On y verse de l’huile à l’aide d’une burette ou d’un récipient pour entretenir le mécanisme de la roue.

LE MOULIN

1ER ATELIER DE LA CUIVRERIE

Aux débuts de La Cuivrerie, l’ensemble des machines nécessaires à la production - machine à percer, tourets à polir, appareil à souder avec compresseur et tour à repousser - est concentré dans cette pièce.

 

Ces machines à polir, restées à leur emplacement initial, datent de cette époque.
Lorsque les pièces sont terminées elles sont passées au polissoir pour révéler la belle couleur et l’éclat du cuivre.

Le modèle d’origine, conservé au Musée de la Soie d’Okaya (Japon), a servi à concevoir cette reproduction adaptée aux démonstrations.

TRANSFORMER L'ENERGIE HYDRAULIQUE
POUR FAIRE MARCHER LES MACHINES
S

L’axe de transmission transmet le mouvement de la roue aux poulies.

 

Lorsque deux poulies sont reliées par une courroie directe, leurs sens de rotation sont les mêmes. Par contre, si elles sont reliées par une courroie croisée, les poulies ont des sens de rotation inversés.

Les fabrications d’orfèvrerie
Main & fils propose des articles d’orfèvrerie à la vente sur catalogue ou répond à des commandes spécifiques. L’entreprise est régulièrement sollicitée par des orfèvres pour des pièces de service telles que les plats, les plateaux limonadiers, bols à potage, casseroles à légume.

 

Parmi les nombreuses théières et cafetières, on retrouve des produits particuliers comme la cafetière limonadier, de plus grande taille.

 

L’ensemble présenté ici, majoritairement en laiton, est en état de sortie d’atelier, c’est-à-dire pas encore retravaillé par l’orfèvre.

 


Les pièces argentées
Chaque objet est passé entre les mains de l’orfèvre qui assure les finitions tel que l’aspect argenté ou l’ajout de motifs ciselés.

 

La diversité des détails est lisible sur les anses, les becs, les boutons des théières, cafetières, pots à lait, sucriers. Le bois d’ébène de couleur brune, un bois précieux, est utilisé pour façonner certaines anses. Toutes ces pièces datent de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle.

L’aiguière

Les productions pour l’Orient sont nombreuses : lampes, plateaux, service à thé. Cette aiguière en est un exemple assez emblématique. Elle est ici présentée avec sa cuvette, laissant penser à un usage rituel du lavage des mains. Le catalogue Main & Fils pour l’Orient propose l’aiguière arabe et l’aiguière turque.

Les plateaux de balance
Production de masse emblématique de la Cuivrerie, ils sont de taille très variée, en cuivre, en maillechort, en nickel ou en aluminium. La plupart des plateaux, réalisés grâce à la technique du repoussage au tour, présente une forme classique, ronde. Mais certains peuvent être carré, en forme de casserole ou encore creux avec un bec. Les profondeurs sont aussi diverses et proposées au catalogue : demi-profond, profond, extra-profond.


Quelques pièces particulières
Avant d’être mise en fabrication, les pièces sont dessinées. Les nombreux croquis portent toutes les informations nécessaires à l’ouvrier. Les objets présentés correspondent aux dessins ci-dessous. La théière et la cafetière sont une production classique de la Cuivrerie. L’étrier arabe est une pièce qui peut surprendre, mais il est bien présent dans le catalogue pour l’Orient et vendu régulièrement.


La Société Française des Plateaux de Balances
En 1905, « Main & Fils » et « Francisque Main & Cie » s’associent sous le nom de « Société Française des Plateaux de balances » (SFPB). Ils rationalisent la production et répondent à des commandes en grandes quantités. Les métaux achetés directement par les clients sont livrés à Cerdon. Les usines « A » (Francisque Main & Cie) et « B » (Main & Fils) se répartissent le travail. La production est massive : en 1913, la SFPB compte 27 clients mais expédie plus de 21 tonnes de plateaux de balances ! En 1918, le décès de Pierre Main, alors patron de « Francisque Main & Cie », met fin à cette collaboration.

L'ERE DE LA MECANISATION

PRODUIRE PLUS ET PLUS VITE

La société « Main & Fils », en constant essor de production, fait des choix stratégiques et parie sur l’innovation technique.


La mécanisation s’enclenche avec l’acquisition de cette presse mécanique vers 1875. Elle produit de grandes quantités d’objets en un temps réduit. Les nouveaux équipements nécessitent davantage d’énergie : on améliore le système hydraulique avec l’installation d’une deuxième roue à augets. Une machine à vapeur, installée en 1880, complète l’énergie tirée de la rivière.

 

Enfin, en 1910, un premier moteur électrique actionne les poulies du moulin.
De nouveaux alliages permettent la fabrication d’articles de qualité à moindre coût. Avec ces processus de mécanisation et d’innovation, la Cuivrerie se fait pionnière d’une orfèvrerie industrielle.

 

C’est le début de la production en série et de la vente sur catalogue.
La prospérité de l’entreprise favorise aussi l’extension des locaux.

 

En 1887, les Main achètent la papeterie Loisel et la cuivrerie Carrier, situées à proximité sur la rivière la Suisse.

L'EMBOUTISSAGE

Procédé de mise en forme par choc ou par pression, il peut être exécuté au marteau ou à la presse. Réalisé à la presse, l’emboutissage s’effectue à froid et permet une fabrication en série très économique.

 

La feuille de cuivre, appelée flan, est placée entre un poinçon et une matrice qui s’emboîtent. Le poids exercé par la presse sur la feuille forme la pièce à obtenir.

 

D’autres opérations sont ensuite nécessaires pour finir l’objet souhaité.
L’emboutissage est particulièrement adapté à la production d’objets en série. Mais il nécessite d’investir dans la fabrication de moules, souvent coûteux.

 

Un moule est constitué de deux pièces : le poinçon et la matrice.
Selon les formes des articles à produire, différents types de moules sont employés (cylindriques, tronconiques, rectangulaires, sphériques, …).

L'ENERGIE HYDRAULIQUE

Fournissant son énergie à la Cuivrerie, le réseau hydraulique fait l’objet de toutes les attentions. En 1891, l’entreprise établit un barrage de dérivation sur la rivière.

 

Celui-ci permet de réguler le niveau d’eau en prévision des périodes de moindre débit et de maintenir une pression constante dans les canaux.

 

Les eaux sont dérivées par un réseau de canaux (ou biefs) et d’aqueducs métalliques (ou bachasses). Des vannes à guillotine orientent la circulation de l’eau vers les roues à actionner.

LES ROUES A AUBES

Souvent installée sur un bief au débit important, la roue à aubes
est alimentée en eau par le bas. Munie de pales, elle est partiellement immergée, et la force du courant la fait tourner.

 

Simple d’utilisation, ce type de roue est largement répandue au 19e siècle. Mais il offre un rendement assez faible : une grande partie de l’eau rejaillit à l’extérieur de la roue au moment de l’impact, réduisant alors la quantité d’énergie produite. Ce système a inspiré le principe de turbine actuelle.

LES ROUES A AUGETS

Evolution de la roue à aubes, elle est aménagée en contrebas d’un bief afin de se remplir par le haut. Elle est munie d’une succession de compartiments - les augets – qui, une fois pleins, font tourner la roue.

 

La roue à augets a rapidement été privilégiée pour son rendement supérieur : le maintien de l’eau à l’intérieur des augets lui confère toute sa puissance.

LE BALANCIER A FRICTION

Les presses sont des machines capables de générer une pression continue et progressive, afin de couper ou déformer le matériau placé dans le moule, généralement une feuille de métal appelée flan.


Cette presse mécanique permet d’exécuter une des techniques les plus répandues pour la fabrication d’objets en cuivre : l’emboutissage.


La technique à friction active un volant horizontal, mis en mouvement par un axe pourvu de deux disques verticaux. L’ouvrier est installé dans une trappe au sol, afin d’être à bonne hauteur pour placer régulièrement un nouveau flan de cuivre à façonner. En actionnant le levier, il commande l’axe et le sens de rotation de la vis en montée ou en descente.

LA FORGE

DE L'APPRENTI A L'OUVRIER QUALIFIE

Les ouvriers de la Cuivrerie sont appelés magnins, "chaudronniers ambulants" en patois. L’entreprise recrute majoritairement dans la population locale. Les ouvriers débutent comme apprenti ou manoeuvre et apprennent « sur le tas ».

 

Embauchés vers l’âge de 14 ans, pour une durée minimale de 3 ans, ils peuvent effectuer jusqu’à 11h de travail quotidien selon les époques, 6 jours par semaine.

 

Avec la mécanisation, arrivent de nouveaux métiers :
mécanicien, ajusteur, ferblantier (qui fabrique les outils en acier).

 

La production sur mesure est réservée au personnel plus qualifié, avec des tâches spécialisées comme la dinanderie ou le repoussage.
 

En 1900, au plus fort de l’activité, la Cuivrerie comptabilise 61 ouvriers.


Dans les statuts de « Main & Fils » en 1896, un article inscrit la société dans l’un des mouvements paternalistes de l’époque :


" Se conformant en cela aux vœux de leurs prédécesseurs et en vue de perpétuer le souvenir des fondateurs de la maison […], les associés s'engagent à apporter la plus grande modération dans leurs relations avec le personnel de l'usine qui devra toujours être traité plutôt familièrement que rigoureusement. »

LA FORGE AUX 6 FOYERS

Le bâtiment de la forge, placé au-dessus de la rivière, est créé en 1885 puis agrandi en 1926. La hauteur de sa charpente métallique permet d’évacuer les fumées et l’air chaud.


Cette forge à 6 foyers fait partie des équipements essentiels à la production. Elle est constituée d’un coffrage en tôle (le caisson), rempli de briques réfractaires qui accumulent la chaleur. Le feu est activé par un système de ventilation électrique -en remplacement du traditionnel soufflet- et l’air guidé par la tuyère débouche au centre du caisson. L’ouvrier module la force et la direction du souffle qui s’échappe de ce tuyau, pour obtenir un feu large ou étroit.

 

Le travail sur la forge sert pour la fabrication ou la réparation des outils en fer, et pour concevoir de petites pièces comme les anses.

 

Ramolli par le feu, le fer est transformé à chaud sur l’enclume.
Les foyers peuvent aussi être utilisés pour chauffer le cuivre lors des opérations de recuit ou de brasure. Ne pouvant pas être forgé, il est travaillé à froid.

LE SOUFFLET

Ce soufflet a été installé après la fin de l’activité de la Cuivrerie. Il ne faisait pas partie des équipements lorsque la forge était opérationnelle.

L'INDISPENSABLE CHARBON

La Cuivrerie est grande consommatrice de charbon. Des commandes mensuelles de 10 à 20 tonnes permettent de constituer des stocks. Ce charbon sert à alimenter la machine à vapeur, le chauffage de l’usine et la forge.

MODELER LE CUIVRE : RECUIT ET BRASURE
Le cuivre est un métal relativement tendre et malléable.

A froid, il se travaille très facilement. Mais toutes les actions de martelage, pliage, torsion qui servent à former une pièce, le rendent dur et cassant. On dit alors que le métal est écroui. La seule solution pour pouvoir continuer à le travailler est de le recuire pour lui rendre sa malléabilité. Les ouvriers viennent régulièrement sur la forge pour chauffer leurs pièces jusqu’à 600 degrés, avant de les plonger dans un bain d’eau froide. Le cuivre peut à nouveau être modelé sans risque de casser. Il ne retrouve sa dureté que lorsqu’il est martelé.
La forge sert aussi à braser (souder).

 

Un métal de nature différente, comme l’argent ou l’étain, une fois fondu, permet d’assembler les pièces de cuivre entre elles.

L'ETAMAGE

Les ustensiles de cuisine en cuivre sont très appréciés pour leur capacité à répartir la chaleur. Mais ils s’oxydent lors de leur utilisation et se ternissent, jusqu’à atteindre une couleur caractéristique vert-de-gris.

 

Cette oxydation protège le cuivre de la corrosion, mais elle est toxique en cas d’ingestion. Il est donc indispensable d’étamer les contenants à usage alimentaire. Seule exception, les bassines à confiture car le sucre bloque l’oxydation. Pour étamer, on recouvre l’intérieur de l’objet d’une couche d’étain, chauffée et étalée avec un tampon de coton. Cette opération doit être renouvelée régulièrement, suivant le degré d’usure des ustensiles.

L'ATELIER DE LA MENUISERIE

La Cuivrerie dispose d’un atelier bois pour fabriquer ses propres outils, mais surtout pour créer tous les modèles de mandrins.

 

Spécialement conçus pour le repoussage, les pièces ont longtemps été fabriquées par les menuisiers de la Cuivrerie.

 

Un mandrin doit être réalisé dans un bois compact comme le buis ou le chêne, pour résister à la pression lors du repoussage. Parfois le mandrin est enfermé à l’intérieur de la pièce lorsqu’elle est terminée. Pour l’extraire, il faut donc qu’il soit conçu en pièces détachées, qu’on retire une par une.

 

Appelé « mandrin brisé », il se démonte grâce à l’une de ses pièces :
la « clé ». Objet complexe à réaliser, et donc coûteux, il sert surtout à la production de série plus rentable.

LE FAVORI

Le 5 mars 1900, les Main obtiennent un brevet d'invention de 15 ans pour un brûleur à pétrole lourd « employé comme chalumeau ou pour le chauffage des poêles et des générateurs de vapeur et plus généralement à tous les appareils de chauffage et d'éclairage par le pétrole ».

 

Ce brûleur est dénommé « Le Favori ».


Léon Guilbert, commerçant à Paris spécialisé dans la vente d'appareils de soudure et outils chauffants, présente encore le modèle le Favori en 1921 à la foire de Lyon. Il a pour client les entreprises Vermorel, Peugeot, Michelin

ALAMBICS ET SULFATEUSES

La Cuivrerie a produit de nombreux objets destinés à la viticulture dont des sulfateuses manuelles portées à dos d’homme.

 

Les alambics sont aussi une des spécialités, surtout certaines pièces comme les cucurbites, cuves contenant les substances destinées à être distillées. Les modèles présentés ici ne sont pas aboutis.

LES BAINS

LE TRAITEMENT DE SURFACE

L’objet en cuivre fini doit être décapé pour éliminer les salissures comme les oxydes superficiels dûs au chauffage en cours de travail. Il doit être trempé dans une solution à base d’acide sulfurique, puis être soigneusement rincé à l’eau courante. Les bains (à base d’acide nitrique) peuvent aussi servir à donner à la pièce un aspect agréable, brillant ou une coloration.

 

Enfin, pour être protégé contre une éventuelle oxydation ultérieure, l’objet peut être trempé dans un vernis transparent.

ENTRE GUERRE ET PROGRES

L'ENTREPRISE MEURTRIE PAR LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

Au début du 20ème siècle, la Cuivrerie est pleinement entrée dans l’industrialisation. Les moteurs électriques complètent désormais la machine à vapeur et la force hydraulique.

 

L’entreprise recrute massivement et construit de nouveaux bâtiments.

En 1920, le nombre de tours à repousser augmente : ils sont installés dans l'atelier et actionnés par une troisième roue à augets.


A la veille de la Grande Guerre, la société emploie une trentaine d’ouvriers, mais 80% d’entre eux vont être mobilisés à partir de 1914. L’activité est ralentie et subit la hausse brutale du cours des matières premières. Les drames familiaux s’ajoutent aux difficultés économiques : Eugène Main, qui a repris seul « Main & Fils » depuis 1913, perd son fils Joseph dans un accident d’avion en 1917.

 

Pierre, qui dirige « Francisque Main & Cie », est lui aussi tué au combat en 1918. Lorsqu’ Eugène décède à son tour un an plus tard, ses filles Amélie et Louise héritent de l’entreprise. En quelques années, la Cuivrerie a été durement touchée, mais elle saura s’en relever.

LA TECHNIQUE DU REPOUSSAGE AU TOUR

Il s’agit une méthode de façonnage par déformation d’une feuille de métal circulaire (flan). Elle est serrée entre un mandrin (correspondant à la forme de la pièce à réaliser) et un tampon. L’ouvrier actionne le tour à repousser et appuie sur la feuille de métal avec un outil appelé cuillère, pour lui faire épouser la forme du mandrin. L’ouvrier est relié à la machine par une sangle ce qui lui donne plus de force. Une fois la forme obtenue, le repousseur lisse la surface, puis avec un outil coupant, il profile le bord de la pièce.


Cette méthode ne peut être utilisée que pour la production de pièces circulaires ou ovales. Le repoussage exige de grandes quantités de graisse pour éviter le grippage de l’outil, et les mandrins doivent être changés fréquemment car la pression du métal les rend vite inutilisables. Cette technique efficace pour la fabrication en série, a longtemps servi à la fabrication des plateaux de balance que la Cuivrerie confectionnait en nombre.

LES MANDRINS

Ces pièces de bois ou de métal donnent leur forme
aux feuilles de cuivre lors du repoussage.


Plusieurs mandrins peuvent servir à la fabrication d’un seul objet.

Pour confectionner de grandes pièces profondes, des opérations successives de repoussage sont effectuées avec des mandrins de plus en plus larges.

 

Pour produire des objets complexes, on assemble des pièces réalisées avec différents mandrins. Les mandrins varient à l'infini, l’entreprise doit en avoir un très grand nombre pour pouvoir répondre à tous les types de commande qui peuvent se présenter. Dans des cas très particuliers, il arrive que le client les fournisse lui-même.

LES MANDRINS "BRISES"
De la perfection du mandrin dépend souvent celle des ouvrages façonnés sur le tour à repousser. Le cuivre est en effet repoussé jusqu’à épouser la forme du mandrin vissé sur le tour. Pour les pièces comme les cafetières où le col est plus étroit que le corps, l’opérateur utilise des “mandrins brisés”, constitués de plusieurs pièces, dont la clé centrale permet de les retirer sans déformer l’objet fini.

RUPTURES ET REBONDS AU XXe SIECLE

DE LA PROSPERITE DE L’ENTRE-DEUX-GUERRES AU DECLIN DES ANNEES 60

 

Dirigée par les héritières Main et par Paul Bertrand -époux de Louise-, la Cuivrerie est au plus fort de son activité dans les années 1920.

 

C’est l’époque des exportations massives d’orfèvrerie vers les empires coloniaux, favorisées par un commerce maritime en plein essor. Mais cette période florissante est interrompue par la Seconde Guerre mondiale et les années noires de l’Occupation allemande. La production tourne au ralenti à cause de la pénurie en matière première et du manque de personnel.

 

L’après-guerre apporte un second souffle : le chiffre d’affaires est multiplié par 100 entre 1934 et 1959. Pourtant, dès 1960, l’entreprise n’emploie plus que 9 salariés. Louis, fils de Paul Bertrand et Louise Main, reprend l’usine. « Main & Fils » change de nom pour devenir « Cuivrerie, orfèvrerie du Bugey ».

 

Concurrencée par le plastique, privée de la clientèle française des colonies devenues indépendantes, la production s’oriente vers des articles souvenirs et cadeaux. Mais faute de renouveler ses débouchés, la société est vendue en 1973 et sa liquidation prononcée en 1979.

LA CUIVRERIE DES ANNEES 1920

En 1919, Eugène Main décède, laissant ses filles Amélie et Louise à la tête de l’usine. Louise épouse Paul Bertrand. Il apporte un appui financier pour pérenniser l’entreprise et devient le gérant en 1929.

 

Les deux soeurs demeurent actionnaires et, sur les traces de leur père, poursuivent la modernisation de l’usine. La forge est agrandie à 6 foyers.

 

Dès 1924, l’acquisition d’une presse à emboutir de la société américaine Bliss, leur permet d’accroitre la production et de recruter 70 ouvriers sur la décennie.

 

L’économie française est alors en pleine croissance. La consommation de produits manufacturés augmente dans les colonies, stimulant les exportations.

 

Mais la crise de 1929 et la terrible récession économique qui s’ensuit impactent l’industrie. La production décline.

UN CONTEXTE DE DEVELOPPEMENT FAVORABLE

Le déploiement des transports par voie ferrée est facilité par le regroupement des sociétés de chemin de fer en une régie départementale et par l’intégration à la Compagnie des Tramways de l'Ain en 1919.

 

Avec 485 km de lignes, l’Ain compte parmi les départements les plus développés en réseau ferroviaire. Ce progrès est un levier de croissance pour la Cuivrerie.
 

Les expéditions maritimes sont elles aussi très utilisées. En 1926, 4 à 9 fois par mois, les produits « Main & Fils » voyagent depuis Marseille, Sète ou Port-Vendres pour atteindre Alger, Oran, Tunis, Bône ou Philippeville. Les services de la Compagnie Générale Transatlantique (CGT) sont majoritairement utilisés. Généralement, les livraisons atteignent les côtes du Maghreb en une semaine.

CERDON ET LA CUIVRERIE DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Dès 1939, avec la mobilisation des hommes, les réquisitions et les pénuries de matières premières, la production chute, les expéditions sont rares. Ne pouvant s’approvisionner en métaux sans objectif de production militaire, l’entreprise tente d’obtenir des commandes de l’Armée. En vain...


Situé à proximité du maquis où la Résistance est active, Cerdon est marqué par les exactions commises par les troupes allemandes en 1944. En juillet, 52 maisons sont incendiées, 3 hommes fusillés. La Cuivrerie est fouillée, la porte du garage fracturée, l’automobile de la société endommagée.

 

La mémoire des évènements de cette période est symbolisée par le monument des Maquis de l’Ain inauguré en 1951 par le général De Gaulle.

DE L’ESSOR DE L’APRES-GUERRE A LA FIN DE L’ACTIVITE

Après la Seconde Guerre mondiale, « Main & Fils » connait une croissance remarquable. En 1946, l’usine accumule l’équivalent de 6 années de chiffre d’affaires. La croissance économique est soutenue, la production s’intensifie et l’entreprise procède à de nombreux recrutements.

 

L’essor du tourisme de masse déclenche le développement d’un catalogue d’articles souvenirs, cadeaux, lampes, bassines à confiture et trophées sportifs.
 

 

Les époux Bertrand-Main emploient leur fils Louis dès 1955, il devient dirigeant en 1963. Mais à partir de 1960, les difficultés économiques s’accumulent. La décolonisation progressive des pays du Maghreb met un terme à la production d’articles orientaux. L’arrivée massive du plastique et de l’inox concurrence irrémédiablement le travail des métaux.

 

En déficit commercial, la société est vendue à Mohamed Sebai en 1973, mais la production ne reprendra pas. En 1979, la liquidation de la Cuivrerie est prononcée.

LE TEMPS DES BOUTIQUES SOUVENIRS

Louis Bertrand, dernier propriétaire lié à la lignée Main, possède une solide formation d’ajusteur mécanicien. A son époque, la production est mise à mal par la concurrence du plastique. En 1967, Louis dépose tout de même plusieurs brevets de modèles pour des pièces de service à thé ou à café.


Il profite aussi d’un nouveau débouché : la production d’objets souvenir. Celle-ci devient même majoritaire dans l’entreprise. La loi sur la 4ème semaine de congés payés, votée en1969, lance les français sur la route des vacances : ils aiment rapporter de leurs échappées un cadeau souvenir.

 

De Chamonix à Reims, la Cuivrerie expédie des chaudières à fondue, des baromètres décoratifs, des cendriers personnalisés, des lampes.... D’anciens modèles utilitaires sont même transformés comme les bassinoires, servant à enfermer des braises pour chauffer la literie, reconvertis en pendules.

Les objets présentés illustrent le commerce vers l’Orient. Les cendriers ou les pots sont finement ciselés, le décor étant mis en oeuvre sur le lieu de vente. D’autres, plus pratiques, sont utilisés dans la vie quotidienne comme les bouilloires ou les cantines à un ou plusieurs compartiments, permettant de transporter son repas.

Louis Bertrand oriente les productions de la Cuivrerie essentiellement vers l’article souvenir et quelques pièces d’orfèvrerie de table. La casserole détournée en pendule et la bassinoire devenue thermomètre en sont deux exemples. Cependant la créativité est toujours présente avec le dépôt de brevets de fabrication à l’INPI pour des pièces de service de table, mais aussi avec la réalisation de l’aiguière Christiana, imaginée et dessinée par Louis Bertrand.

TRAVAILLER SUR LE TAS

Dans les ateliers de la Cuivrerie, différents procédés peuvent être utilisés et combinés pour produire des objets :
l’emboutissage (au marteau ou à la presse), le repoussage, le tournage, ou encore le martelage et la rétreinte pratiqués sur les tas.


Le tas est un support sur lequel on frappe le métal à l’aide d’un marteau. De formes diverses, l’ouvrier le choisit en fonction du rayon et de la courbure de la pièce à réaliser.


L’utilisation du tas est multiple :
- finaliser une pièce en réduisant les marques et irrégularités laissées par le marteau ou le martinet
- aplanir et égaliser l’épaisseur du métal (le planage)
- former des pièces en volume (par exemple en pratiquant la rétreinte)

 

La rétreinte est le procédé privilégié du dinandier, de l’orfèvre ou du chaudronnier sur cuivre. Il offre une grande liberté de forme. Un flan de métal plat est martelé sur le tas pour créer un volume. Il faut ramollir le cuivre tout au long de l’opération, en le chauffant puis en le trempant dans de l’eau : c’est le recuit. Il est également nécessaire de pratiquer des phases de sous-planage qui lissent les irrégularités produites par les coups du marteau.

 

Il faut souvent plusieurs recuits et plusieurs sous-planages pour fabriquer un objet, avant de finaliser la pièce par un ultime planage.

FABRIQUER UN SUCRIER A L’AIDE DES TAS

La transformation d’une feuille de cuivre (appelée flan) en un sucrier sphérique nécessite plusieurs étapes de travail sur les tas.


Le façonnage en creux est d’abord réalisé dans une salière dans laquelle on martèle le flan avec un maillet à emboutir en bois.

 

La feuille de cuivre commence à se courber en épousant le creux de la salière.
 

Pour accentuer le volume et obtenir un objet sphérique, une deuxième étape de façonnage est lancée sur le tas.

 

A l’aide d’un marteau à rétreindre, le flan est progressivement arrondi de plus en plus franchement, toujours par martelage.

Le volume est maintenant beaucoup plus prononcé.


Une fois la forme voulue obtenue, la finition du sucrier est aussi réalisée sur un tas, à l’aide d’un marteau postillon qui dispose d’une tête plate. Le planage permet, en appliquant des petits coups de marteau sur toute la surface, de la rendre plus régulière et d’effacer les traces des étapes précédentes.

RECINCLAGE

La recingle est une tige flexible en forme de S, qui peut être de différentes longueurs. Elle permet à l’orfèvre de travailler à l’intérieur d’objets trop étroits pour utiliser un marteau : il peut débosseler ou faire ressortir des reliefs sur la surface extérieure d’une pièce.

 

La tige d’acier forgée est introduite dans la pièce et on la frappe à l’autre extrémité. Elle vibre et vient cogner le métal de bas en haut, agissant comme un marteau de l’intérieur vers l’extérieur, pour repousser le métal.

FABRIQUER UN ARROSOIR PAR EMBOUTISSAGE

La transformation d’une feuille de cuivre (appelée flan) en un arrosoir nécessite plusieurs étapes de travail. Un disque est tout d’abord tracé au compas sur la feuille de cuivre puis découpé à la cisaille.


Le disque est recuit à la forge. Puis il est graissé avant d’être disposé sur la matrice de la presse. Le poinçon l'emboutit d'une profondeur d'environ 10 cm.

 

La forme obtenue est celle d'un pot cylindrique aux bords droits.
Le pot est recuit à la forge. Il est installé sur un tour à repousser afin d’affiner sa forme dans sa partie supérieure et de créer un rebord.


Le pot est recuit avant d’être martelé et poli. Enfin, couvercle, bec et anse sont ajoutés pour terminer l'arrosoir.

PRESSE A EMBOUTIR N°1.006-C

DITE "LA PRESSE AMERICAINE"

Elle est commandée en 1924 à la société Bliss de New York, pour un montant de 75 710 francs. La Bliss Company est un fabricant de machines-outils, leader dans le formage des métaux et la production de masse.

 

Cette presse est arrivée en pièces détachées ne dépassant pas 2500 kilos chacune pour pouvoir transiter par la gare de Pont d’Ain.

LA DECOLLETEUSE

Appelée aussi tour à décolleter, elle permet de fabriquer des pièces de petites dimensions à partir d’une barre de métal. Elle est installée dès la venue de la presse Bliss.

LE TOUR A USINER

Il permet la fabrication de pièces en métal par enlèvement de matière, de copeaux. Ce tour est utilisé pour la conception des mandrins.

 

Installé initialement à la papèterie Loisel, il est déplacé ici au moment du second agrandissement du bâtiment, vers 1968 ou1969.

LA CINTREUSE

Elle permet de courber un morceau de métal, par passages successifs entre des rouleaux activés par une manivelle. Plus on resserre les rouleaux, plus le métal est contraint et se courbe.

LES MARTINETS

Les martinets offrent une alternative mécanique au martelage manuel. Ces énormes maillets sont actionnés par un arbre à cames relié à la roue hydraulique.

 

Les cames frappent le manche du maillet qui écrase le cuivre sur les tas. La cadence régulière de ces machines, simples mais efficaces, facilite grandement le travail du dinandier marteleur.

LE TOUR A POLIR

Les objets terminés sont généralement polis, pour les rendre éclatants et permettre un entretien facile. Une brosse à polir est composée de disques de cotons, assemblés sur l'axe d'un moteur qui tourne (à environ 1500 tours par minute, ou parfois plus selon les modèles).


L’ouvrier polisseur dépose de la pâte abrasive sur la brosse de coton et frotte la pièce dessus. Cette opération très délicate requiert une grande expérience : à la moindre erreur, la brosse, par sa vitesse, arrache la pièce des mains du polisseur. L'opération dégage par ailleurs une poussière désagréable.

LA PONCEUSE A BANDES

Elle est utilisée pour les finitions. Elle permet de lisser des surfaces.

L'AGRAFEUSE

Elle sert au montage et permet d’assembler des pièces : elle sertit les bords de métal en les repliant sur eux-mêmes.

LA PRESSE HYDRAULIQUE

Elle permet d’emboutir et de poinçonner des pièces en exerçant une pression sur une feuille de métal, placée entre un poinçon et une matrice. Sa force est produite par un circuit d’eau intégré.

LES PRESSES A BALANCIER

Ces presses sont activées à l’aide de balanciers (les axes horizontaux visibles en partie haute) : la rotation de l’axe est amorcée par l’opérateur puis le mouvement du balancier se poursuit pour activer la descente de la vis sans fin.

 

Le système de balancier amplifie l’effort initial produit pour lancer la rotation. Les 3 presses ont des fonctions différentes : découpe, pré-emboutissage et perforation.

LE TOURISME INDUSTRIEL

LA RENAISSANCE DE LA CUIVRERIE

Placée en liquidation en 1979, l’usine est rachetée par Maurice Goy, cerdonnais dont le père et le grand-père travaillaient à la Cuivrerie et André Lathilière, pour lui donner une nouvelle vie.

 

Les machines sont remises en état, des jeunes sont engagés et formés, l’usine est ouverte à la visite. De nombreux visiteurs s’y pressent entre 1982 et 2010.

 

Un tourisme industriel se développe avec des circuits intégrant des sites locaux (dont les emblématiques Soieries Bonnet à Jujurieux), avec l’ouverture d’une boutique et même d’un « Musexpo ». Le trophée EDF du tourisme technique Rhône-Alpes couronne ce succès en 1999.

 

Sa renommée est alors importante : le cinéaste Jean Becker tourne avec Michel Serrault une séquence du film « Les enfants du Marais » dans l’atelier de repoussage. En 2007, elle obtient le label national " Entreprise du patrimoine vivant " et en 2013, trois ans après sa fermeture, la Cuivrerie et ses machines sont protégées au titre des monuments historiques.

 

En 2018, le site est acheté par le Département de l’Ain pour créer un centre d’interprétation valorisant son histoire exceptionnelle.

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FAITES UN DON !

Ce projet ambitieux a retenu l'attention de la mission Bern.

La Cuivrerie fait partie des 121 monuments sélectionné pour le loto du patrimoine.

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Rue de la Cuivrerie 01450 Cerdon

 

INFO PARKINGS

Le site de la Cuivrerie est accessible à pied ou à vélo (sauf PMR sur présentation d'un justificatif).

Parking Saint-Vincent : environ10 minutes à pied 


 

REPORT DE L'OUVERTURE : UNE DATE SERA PROCHAINEMENT COMMUNIQUEE

Du mardi au dimanche de10H-18H.​

Tarifs : Adulte 8 €, Enfant (7-12 ans) 6 €.

Visite guidée sur réservation : Adulte 10 €, Enfant (7-12 ans) 7 €.

Pack famille : 25 € (2 adultes et 2 enfants)
+ 5€ par enfant supplémentaire

 

Billet couplé Soieries + Cuivrerie Adulte : 12€/pers (1 entrée + la seconde à -50%)

Billet couplé Soieries + Cuivrerie Enfant : 6€/pers (1 entrée + la seconde à -50%)

CONTACT

contact@cerdonvalleedelain.fr

Propriété du Département de l’Ain depuis mars 2018, un projet architectural et scénographique est en cours de réalisation pour transmettre cet héritage emblématique au public.